dimanche 7 décembre 2014

DE LA BONNE CONSERVATION DE VOS RECOLTES



Chronique du 06 décembre 2014


Amis du potager au naturel de Lafitte, bonjour !


Nous sommes à la jardinerie en pleine opération sapins de Noël. Ça sent la résine, les sapins ont investi la pergola. Les enfants regardent les grandes silhouettes dressées devant eux et s’émerveillent déjà à l’idée de leur beau sapin richement décoré. Petits et grands ont l’esprit à la belle fête et toute l’équipe partage ce moment chaleureux dans une ambiance détendue. Les uns enlèvent les filets qui protègent les sapins pendant leur transport jusqu’à nous, d’autres préparent les bûches. Vendeurs et clients se croisent en tâchant d’éviter la caresse parfois un peu brutale d’une flèche de sapin en voie d’être enfilé dans la machine à filet. Les familles repartent, leur beau sapin dans les bras et des idées de fête plein la tête.

Le soir tombe tôt et nous sommes nous aussi sensible au charme des illuminations de Noël.

Le potager endormi dans la pénombre se laisse oublier. Comme je le disais la dernière fois, quelques travaux de nettoyage, la vigilance en cas de gelée, et pas grand-chose de plus.

Par contre, il faut veiller quand même à la bonne conservation des récoltes engrangées.

Si l’on a choisi de faire les choses dans la tradition, les caves et greniers sont pleins de pommes-de-terre, de citrouilles, de piments, d’aulx, oignons et échalotes séchées.
Nos maisons modernes sont moins bien pourvues que les habitations plus anciennes pour ces conservations hivernales. Mais il y a quand même moyen de garder les tubercules, légumes et fruits dans de bonnes conditions.
Vous devez d’abord déterminer quelles sont les pièces à températures les plus constantes. L’aération doit y être suffisante, la luminosité faible mais sans tomber dans la pénombre complète. Il doit y faire bon mais pas chaud non plus. Un garage exposé au nord avec une ventilation correcte, une cave pas trop humide avec une ouverture au jour, un grenier suffisamment haut pour éviter les trop grands écarts de température, les possibilités sont multiples.
Vous pouvez très bien suspendre vos tresses de bulbes potagers dans la cuisine, agrémenter la décoration en y exposant les piments séchés de couleur vive, laisser un potiron sur une étagère ou sur un coin de comptoir.

L’important est de surveiller de temps à autre l’évolution de vos récoltes.

Nous avons parlé des pommes-de-terre qui germent. Si vous n’y prenez pas garde, les tubercules vont émettre des pousses, des petits germes qui s’étireront en cherchant la lumière. Evitez donc de stocker vos patates dans le noir. Régulièrement, contrôlez leur état végétatif. Il ne faut pas les avoir empilées. L’idéal est de les déposer sur des planches propres, et d’enlever au fur et à mesure les pommes-de-terre abîmées. Une fois par mois environ, vous ferez une tournée d’ « égermage ». Je ne suis pas bien sûre de la correction du terme, mais vous m’avez compris. Il faut délicatement ôter les petits germes naissants. Prenez simplement la patate dans votre paume et faite la tourner doucement. Les germes se détacheront très facilement et votre tubercule conservera en lui sa substance. Sans ça, les germes, il en sort plusieurs par pommes-de-terre, se nourriront de la chair et videront le tubercule qui se fripera lamentablement. Au bout de quelques semaines, votre belle récolte de pomme-de-terre se transformera en un enchevêtrement inextricable de pousses tortueuses entremêlées.



Si vous voulez replantez vos propres pommes-de terre, par contre, vous devez sélectionner les tubercules bien sains. Pour le calibrage, sachez que les petits tubercules émettront moins de germes, tandis que les gros en foisonneront. Le résultat sera que les petits tubercules replantés produiront donc moins de pommes-de-terre, mais plus grosses. Le calibre de la « génération » montante est donc inversement proportionnel à celui de la « génération parentale ». Ce vocabulaire est totalement inapproprié mais je suis sûre que vous me suivez bien.


Pour replantez l’ail, évitez d’utiliser la gousse-mère », au centre de la tête. Elle s’est épuisée à la multiplication et sa pousse sera invalidée d’autant.
Cicatrices de la citrouille
On peut également repiquer l’oignon qui a redémarré en végétation, si on le fait quand le bulbe originel n’est pas tout a fait vidé. La pousse en elle-même est très parfumée et la tentation est grande de l’utiliser telle qu’elle.
Pour les courges, vérifiez régulièrement qu’elles ne s’affaissent pas. Une trace d’humidité sous elles doit immédiatement vous alerter. Une tâche sur la peau est tout aussi suspecte. Passez votre main sur les flancs du fruit et assurez-vous de sa fermeté. Tout signe de mollesse doit être une alerte et vous devez aussitôt consommer ce qu’il reste de bon.


A ce propos, vous vous souvenez peut-être de cette courge, fille de notre citrouille de 200 kg exposée à la jardinerie l’an dernier. Je vous avais conté comment elle avait été mordue par ma vache « Pintta-Mona ». J’avais craint que cette blessure ne lui soit fatale, et je la couvais d’un œil spécialement vigilant. Figurez-vous que ma vaillante citrouille a surmonté haut la main ce traumatisme effroyable ! Non seulement elle n’a pas sillé d’un poil, mais en plus elle a trouvé en elle la ressource de cicatriser la plaie en une épaisse boursouflure claire et solide. Comme quoi, on dit de quelqu’un d’apathique qu’il ressemble à un légume un peu légèrement ! Parce-que, tout légume qu’elle soit, ma citrouille a fait preuve de courage et de ténacité face à une adversité bien réelle et tangible…


"Pintta Mona" et sa voisine de Box
Regardez-là, imperturbable et sereine, avec sa blessure guérie. Voyez aussi la coupable « Pintta-Mona », pas plus taraudée de culpabilité que ça ! Au passage, je vous montre aussi sa voisine de box, une petite miraculée dont je vous dirai des nouvelles à une autre occasion, si ça vous intéresse.
Prenons-en de la graine et sachons nous aussi cicatriser nos plaies grandes et petites sans nous laisser déborder par des émotions dévastatrices et stériles !
Allez, amis du potager, sur ces saines recommandations, je vous laisse à la préparation de vos fêtes et vous souhaite chaleureusement de partager en familles tous les beaux fruits de votre travail au potager.

M.louise, en ce gris samedi 6 décembre 2014.

lundi 10 novembre 2014

HARDI LE PETIT POIS


Amis du potager au naturel, bonjour !

Nous avons du faire tous le même parcours en ce dimanche : matinée dehors à grappiller les rayons de soleil, à se régaler des derniers feuillages flamboyants contre les nuages sombres annonciateurs de pluie, et après-midi si possible à l’abri de ladite pluie justement, à flâner ou vaquer gentiment.

A la jardinerie, après les chrysanthèmes et avant les sapins, nous avons pu consacrer l’après-midi du samedi à remettre notre potager en ordre.
Un potager ne demande pas de soins quotidiens, surtout en cette période de l’année. Il ne faudrait pas pour autant le négliger complètement…

A la faveur des semaines chaudes d’avant Toussaint, nos bulbes et graines ont littéralement crevé la surface. Leur pousse a été anormalement rapide. En une douzaine de jours, les plantules de fèves et de petit-pois traçaient déjà le rang, un peu clairsemées mais suffisamment vigoureuses. Si nous avions eu des températures de saison, elles auraient demandé le double de temps pour apparaître. L’oignon, lui, pointait dans la semaine, tandis que l’ail tardait à peine.
Notre potager de novembre a aujourd’hui l’allure du printemps, alors que l’hiver va sans doute le rappeler à l’ordre très vite. En principe, les fèves, pois, oignons et autres ne craignent pas la gelée. Parce qu’ils ont le bon sens de ne pas s’élancer trop fort ! Là, il ne serait pas étonnant de voir ces si fraîches pousses ravaler leur caquet par un petit matin givré… Et d’avoir tout donné au départ risque de pénaliser leur capacité à repartir correctement le printemps venu. Nous verrons bien à ce moment là !

De la même façon, beaucoup d’arbustes ont refleuri sur l’automne estival. Des bourgeons se sont formés au moment où la sève redescend d’ordinaire. C’est un emprunt audacieux et qui risque de se payer cher sur un capital dont la régénération demande du temps. Les floraisons et fructifications de l’année à venir risquent d’être moins abondantes, ou au moins décalées. Quand aux espèces vulnérables au froid, elles supporteront difficilement des gelées précoces si elles se présentent avant que les végétaux n’aient eu le temps de ralentir la circulation de sève dans les parties exposées.
La vie végétale est une danse où les changements de pas improvisés s’accusent mal.
Mais bon, ne soyons pas trop alarmistes et ayons la foi en l’avenir. Notre petit potager aura peut-être suffisamment de ressources pour parer aux aléas de l’hiver et reprendre le rythme au printemps revenu.
Notre modeste condition de jardinier nous oblige à la résignation. Quelques bonnes pratiques peuvent aider pourtant.

Après les pluies abondantes de cette semaine, si votre terrain n’est pas trop alourdi, vous pouvez biner en surface pour éliminer les mauvaises herbes, décroûter les mottes et butter les pieds. Tout ce qui sera sous terre sera d’autant mieux protégé. Attention tout de même à ne pas enterrer les collets… Recouvrez les bases des plantules jusqu’aux premières ramifications, mais pas au-delà, sinon, elles pourriraient, étouffées.

Vous pouvez pailler vos plates-bandes, avec des écorces, du paillis de bois, ou de l’humus. Soyez précautionneux dans votre répartition, les jeunes tiges sont fragiles et cassent comme du verre dès qu’on les heurte. Là encore, n’enterrez pas les pousses, et laissez la base bien aérée.

A la jardinerie, notre rang de pois était déjà en demande de ramage. Les lianes s’étiraient vers le ciel, cherchant à s’accrocher. Nous avons hier avec Ramon installé le filet à ramer, tout simplement déployé entre trois tuteurs de bambous fichés en terre. Par respect pour les traditions de nos prédécesseurs, nous avons terminé le rang en lui offrant des branchages de saules entrecroisés. Les hardis petits-pois s’emmêleront dans les brindilles sèches et le tout formera un petit tunnel végétalisé joliment fleuri au mois d’avril. Evidemment, quelques branches de saules en profiteront pour raciner et repartir en feuilles elles aussi ! Il faudra surveiller tout ça pour éviter que le tuteur ne fasse trop d’ombre à son protégé.
Dans la seconde partie de notre potager, il nous reste les poireaux. Ils peuvent être laissés en place et consommés au fur et à mesure.
L’artichaut que nous avions ramené à zéro à la suite d’une attaque massive de pucerons est reparti comme en quarante, encore plus touffu qu’avant. Cet artichaut, c’est un sacré va-t-en-guerre tout de même ! Peu de choses semblent de taille à le vaincre définitivement… L’an dernier, il a déjà produit plus d’une demi-douzaine d’artichaut. Nous verrons ce qu’il nous fait cette année.
Le parc à aromatiques a été lui aussi nettoyé drastiquement. Toutes les plantes ont été taillées, et, pour le moment, seule la menthe a refeuillé. Si elle se montre trop envahissante, nous la canaliserons pour laisser la place à ses voisines. Jardinier, seigneur et maître de son potager, n’est-ce pas ? Ou du moins, nous aimons à le croire…

Bien, amis du potager, nous avons fait le tour de notre petit domaine pour cette semaine. Jusqu’en début d’année prochaine, nous ne prévoyons pas de nouvelles plantations. Les semis de mâche et d’épinard ne semblent pas vouloir sortir et il est maintenant trop tard pour les refaire.

Nous nous contenterons d’accompagner le mouvement, en sarclant régulièrement quand la terre n’est pas trop mouillée.

L’hiver est une période ralentie. Les tresses d’aulx et d’oignons sèchent, pendues au grenier. Les pommes-de-terre germeraient si on les laissait faire. Les courges et citrouilles reposent, cirées, les vertes virant au jaune, les orangées plus vives que jamais.

C’est le temps des soupes au chaud, des haltes près du feu en regardant la pluie tomber dehors et le vent malmener les arbres nus. A la moindre éclaircie, on sort, on fait le tour de son jardin, sans presse.

L’hiver est long mais il passe. Notre hardi petit-pois saura recroqueviller ses lianes trop impulsives et attendre. Sans doute…





A bientôt amis du potager, et sachez attendre vous aussi en mâturant profitablement.

M.Louise, en ce dimanche soir 9 novembre 2014.



vendredi 31 octobre 2014

LA SOUPE A LA CITROUILLE


Amis du potager au naturel, bonjour !

Nous arrivons à la Toussaint. Cette année, l’arrière saison est magnifique. Nous savourons tous ces lumineuses journées. Le soleil est amical, puissant sans être pesant. Les petites matinées fraîches scintillent et les soirées se fondent en ors et vieux roses.

C’est un temps précieux, ce moment de plein automne. Une plénitude, justement, la maturité des choses menées à leur terme dans la durée, l’aboutissement d’un cheminement plein de sens. La douce nostalgie, pas la tristesse, l’avant-repos gorgé de richesse.
Bref, vous l’aurez compris, j’aime l’automne. Et l’automne de cette année, je le déguste à chaque heure avec la reconnaissance de ceux qui travaillent dehors. Des journées raccourcies, un temps de repos largement suffisant. La chaleur, au mitan du jour, et la lumière vivifiante pour récupérer l’entrain dilué dans la nuit longue.
Bien, toute cette prose posée, revenons à notre potager.
Là aussi, le temps n’est plus à la grosse activité. Après les haricots secs de la dernière fois, nous restent les potirons à rentrer.


Les potirons sont des cousins de familles éloignées. Il y a les courges musquées, les citrouilles, les potirons rouges ou jaunes, les courges longues, vertes ou orangées. Toute une ribambelle de fruits charnus, plus ou moins gros, mais la plupart vivement colorés.
Dans nos potagers où la végétation se fait plus modérée, ils apportent une riche touche de teintes rouges-orangées. Les côtes joufflues de la citrouille s’arrondissent pleinement, parfois veinées de varices séchées. Les longs fruits des courges se renflent à leur extrémité, allongés sur le flanc. Le potimarron flamboie, modeste en taille mais légitimement orgueilleux de sa teinte.

Les feuilles sont maintenant sèches. Par ces semaines sans pluie, elles craquent sous le pas. Les tiges rampantes se détachent presque toutes seules des pédoncules. C’est le moment de gloire des fruits, exposés à la pleine lumière dans toute leur splendeur.
Vous vous souvenez peut-être de la citrouille que nous avions l’an dernier près des caisses. Elle pesait 200 kilos. Alléchés par cette opulence, nous en avions conservé les graines pour les semer ce printemps.


J’en ai moi aussi mis plusieurs en terre, avec d’autres. J’ai observé la croissance de plusieurs plants vigoureux, aux lianes plus épaisses et plus robustes que les autres. Je nourrissais les plus grands espoirs pour ma future récolte…

Au bout du compte, sur une demi-douzaine de ces plants issus de notre phénomène, un seul a donné un fruit de taille conséquente. Je l’ai laissé finir de mûrir en le couvant attentivement. Il est bien plus petit que sa « mère ». De même forme, boursoufflé sur le dessus, plus plat dessous, et incurvé en bout. D’un orange plus vif que les autres, plus vif même que celui que nous avions ici.
Quand la tige nourricière a séché, j’ai entrepris de le rentrer à la maison. Les citrouilles et courges mûres peuvent être laissées dehors tant qu’il ne gèle pas. Là, nous sommes bien loin des givres automnaux. J’aurais pu attendre pour l’hiverner. S’il n’y avait pas eu des chasseurs dans le coin…



J’habite à la campagne. Ma magnifique citrouille se voyait de loin. Elle attirait l’œil ! Forte de mon expérience des années précédentes, où, dès la saison de chasse ouverte, j’avais noté que mes plus belles courges disparaissaient, j’ai préféré prendre les devants.
J’ai roulé précautionneusement la belle dans la benne du tracteur. Elle pesait, la bougresse, et m’a donné du mal ! Lentement, en un cortège presque royal, nous avons regagné ses appartements d’hiver, à savoir le fond de l’étable.


J’ai rapatrié le restant de la récolte en même temps. Mais celle-ci est en vedette. Elle trône devant toutes les autres, la vraie reine au milieu de sa cour…
Les citrouilles ne demandent pas à être stockées au frais ou à l’abri de la lumière. Il vaut mieux les garder dans un endroit tempéré, et bien éclairé pour pouvoir surveiller l’éventuelle apparition de tâches brunes sur leur peau. Ces tâches annoncent un pourrissement de la chair. Dès qu’elles apparaissent, il faut consommer votre citrouille. Sinon, en l’espace de deux jours, elle s’effondrera lamentablement sur elle-même, se vidant en eau sous la peau crevassée.
En principe, les courges se gardent plusieurs mois. Posées sur un sol sec, la queue vers le haut, sans heurts, elles ne bougeront pas. Au pire, vous pouvez, comme pour les haricots, les débiter en morceaux et les congeler pour les utiliser tout au long de l’année.
Mais vous vous priverez alors du spectacle de ces beaux fruits boursouflés et colorés…

Ma citrouille-reine si belle a tellement tenté l’une de mes vaches, que cette bête impertinente a, passant dans les parages, contourné mon dispositif de protection pour venir du bout des lèvres lui grignoter la peau. Son cou allongé au maximum, elle a failli basculer dans le tas de courges !
Dieu merci, la blessure était seulement superficielle, et la peau a cicatrisé sans que la chair soit endommagée. Alléluia ! Sans ça, ma petite vache intrépide aurait beaucoup baissé dans mon estime, et ses rations s’en seraient vues impactées.
Enfin, vous n’avez peut-être pas, vous, une vache dans votre arrière-cuisine. Et vos citrouilles, elles seront bien gardées !

A une prochaine fois dans notre potager, pour les plantations hivernales. Portez-vous bien jusque là.

Le 28 octobre 2014, M.Louise

samedi 23 août 2014

LA RENTREE DU POTAGER!



Amis du potager au naturel, bonjour !
Voici un mois que nous nous sommes quittés. 
L’activité du potager a, comme prévu, pris une tournure radicalement hivernale. Et oui, déjà ! Encore qu’avec les journées maussades que nous avons ces temps-ci, on a plus envie de se réchauffer autour d’un bol de soupe chaude que de se préparer des salades…
Si vous venez nous visiter, vous verrez que les choux repiqués fin juillet ont bien prospéré. Plantés à une cinquantaine de centimètres les uns des autres, ils se touchent maintenant en étalant largement leurs feuilles charnues et bien nervurées.
Evidemment, il faut sans cesse surveiller les attaques des chenilles qui se lancent à l’assaut dès que nous avons le dos tourné. Le pied de choux rouge près de la pergola, particulièrement, a essuyé les plâtres spectaculairement. Il tend des moignons nus avec quelques dentelles de feuilles dévorées. Nous avons manuellement éliminé les attaquantes, et il semblerait que du cœur encore vivant redémarrent quelques promesses de pousses. A suivre…
Juste à côté, deux belles rangées de carottes prospèrent. Cette semaine encore, un éclaircissage sans concession a donné de l’espace aux racines en formation. Les collets sont vigoureux, bien ancrés, et les fanes hautes et drues. Nous avons là la perspective d’une récolte qui pourra s’échelonner tout le long de l’hiver. Dans les régions très froides, les carottes se récoltent avant les gelées pour être mises en jauge dans du sable frais et sec. Chez nous, il fait suffisamment doux pour les laisser en terre et les manger au fur et à mesure des besoins.
Autour du puits à petits fruits, nous avons repiqué les poireaux, en prévision de l’hiver toujours. Il faut veiller à enterrer au maximum le jeune plant pour obtenir les fûts les plus longs possible. En dehors de la variété qui détermine déjà cette longueur, cette astuce au repiquage aide à allonger la partie blanche et tendre qui reste sous terre. Plutôt que de creuser une tranchée très profonde et étroite, plus difficile à réaliser, nous avons simplement couché les jeunes plants dans un sillon assez large, avant de les recouvrir jusqu’à quelques centimètres de la longueur des feuilles retaillées pour favoriser la reprise. 
La technique du pralinage aide bien à cette occasion. Elle consiste à mélanger de la bouse fraîche avec de l’eau pour y tremper les racines des plants à repiquer.
Au cours de vos promenades en campagne, arrêtez-vous près d’un champ où paissent des vaches. Ou suivez la marche tranquille d’un pottock en montagne. Sans aller bien loin, muni d’un seau et d’une pelle, vous allez collecter un ou deux kilos de bouse ou de crottin. La manœuvre doit se faire en délicatesse et en se préservant un minimum des attaques des taons familiers de ces environnements et qui, par fortes chaleurs piquent assez vivement le promeneur innocent. Prenez garde de bien caler le seau dans la voiture et de le recouvrir d’une poche hermétique pour éviter d’empester l’habitacle si vous devez voyager avec ce passager malodorant.
Quand vous êtes rendus sur votre chantier de repiquage, additionnez de deux volumes d’eau, remuez doucement en évitant les éclaboussures, et vous obtiendrez un pralin naturel et très bienfaisant pour vos plants.
Ne vous laissez pas décourager par la triste mine des têtes gisantes mollement sur la terre, recouvertes jusqu’au menton comme un gisant dans son cercueil. Quelques jours et un peu d’eau plus tard, les poireaux vont se redresser. La convalescence sera d’autant plus rapide qu’ils auront eu suffisamment d’eau. 
De la même façon que pour les carottes, les poireaux peuvent rester en terre tout l’hiver et être arrachés au fur et à mesure des besoins.
Quelques salades hivernales, un petit rang de radis noir et de navets, et notre potager sera complet.
Nous avons laissé en place le melon avec l’espoir qu’il mâture les quelques fruits qu’il porte. Il faut attendre que le collet se détache pratiquement du fruit pour le récolter à la bonne maturité. Nous n’en sommes pas encore là. Mais l’automne peut être beau après cet été maussade… Et qui sait si fin septembre, nous n’en serons pas à déguster sur nos terrasses encore chaudes du soleil de l’après-midi, nos melons d’eau frais et parfumés !
Comme dit le proverbe, il n’est point nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.
Ma foi, dans notre potager et sûrement aussi dans le vôtre, cet adage se vérifie bien souvent !
Qu’importe ! Quelques réussites suffisent à nous faire oublier nos déconvenues et le plaisir est sain de savourer le fruit de son travail.
Nous nous retrouverons juste après la rentrée des classes. Pour préparer notre potager à hiverner, déjà.
A bientôt, amis du potager au naturel, et profitez bien de la fin de cet été…

M.Louise, en ce samedi après-midi tout gris.

samedi 26 juillet 2014

ADIEU PATATES, TOMATES ET POTIRONS…



Amis du potager au naturel, bonjour !

Ces dernières journées chaudes et humides ont eu raison d’une bonne partie de notre potager estival. Pour les adeptes de la culture biologique, pas d’échappatoire à l’attaque fulgurante du mildiou sur les tomates et les solanacées en général : patates et autres. Toutes les courges, potirons et melons se sont couverts d’oïdium, ce dépôt blanchâtre à la surface des feuilles. Comme si ça ne leur suffisait pas, les bords se sont tâchés, craquelés, et séchés. Evidemment, les fruits en formation, sevrés bien trop tôt, ne donneront pas grand-chose. Une mauvaise année pour le potager…

Pour vos récoltes de pomme-de-terre par contre, les tubercules sont formés. Suivant les variétés, elles demandent entre trois et quatre mois pour arriver à maturation. Dès la fleur passée, on peut consommer les petites pommes-de terre nouvelles. La peau fine peut se manger, elle se détache facilement en frottant simplement avec un chiffon si on préfère avoir la chair seule. Un bon indice pour reconnaître le degré de maturité du tubercule consiste à gratter la peau du bout de l’ongle : si elle se défait en pelures, la pomme de terre n’est pas encore suffisamment faite pour être récoltée en vue de conservation pendant l’hiver. Si au contraire, elle reste adhérente à la chair, on peut arracher, puis garder les patates dans un endroit sombre et frais, en les étalant bien. Il faut surveiller la présence d’éventuels tubercules pourris ou abîmés et les jeter avant qu’ils n’endommagent les autres quand ils fondent en eau. Dans ces conditions, vous aurez une bonne provision de patates à manger durant tout l’hiver.
Chez Lafitte, nous avions peu de patates et nous les avons mangées depuis belle lurette. Chez vous par contre, si elles sont toujours en terre, surveillez bien tout ça. Les fortes chaleurs du milieu de semaine dernière ont été mauvaises. Les pommes-de terre mûres encore enterrées risquent de pourrir. Elles peuvent aussi se remettre à germer, et pour le coup, se vider de leur substance. Quand elles ne servent pas de garde-manger aux loches qui adorent s’y creuser leur trou…

Beaucoup d’adversité nous guette au potager en ce moment. Chenilles et pucerons pullulent. Viroses et champignons s’épanchent en tâches dévastatrices. La lutte est difficile et le combat inégal.

A la jardinerie, nous avons choisi de ne pas utiliser de pesticides, efficaces mais agressifs. La lutte biologique en matière de maladie est drastique : éliminer les sujets atteints pour tâcher d’enrayer le phénomène en espérant une météo plus favorable. Comme l’espace est réduit dans notre potager, nous avons pris la solution la plus radicale. Les premières tomates rougissantes ont été cueillies (et sitôt mangées). Les courges vérolées et leurs lianes emmêlées ont suivi le même chemin que les plants de tomates roussis. Ah, ça ! ça a fait du vide ! Ca a donné de l’air !

Le petit melon remplaçant de notre Diego défunt, souvenez-vous, rampe maintenant tout guilleret de tous les côtés. Il exhibe ses fleurs jaunes en étoiles éclatantes. De minuscules fruits s’arrondissent déjà… Espérons que la maladie ne nous le rattrape pas !

Les premières carottes du mois de mars sont arrivées elles à bon port sans encombre. Des fûts pas très longs ni très gros, mais bon, appréciés tout de même. Deux rangs de petits nouveaux alignent leurs feuillettes dentelées. Au fur et à mesure de la pousse, nous les éclaircissons pour que les racines se développent à leur aise. Une sélection difficile mais indispensable.

Plus loin, nos arachides prospèrent. Rien ne semble venir les perturber. Elles vont se retrouver seules survivantes de ce carré dévasté. Je vais les escorter de quelques choux pour leur faire compagnie. Ceux-là, semés fin juin, sont déjà prêts à être repiqués. Là encore, la chenillette attaque et il faut veiller de près…
Ce sera notre programme de la semaine. Le repiquage des choux, avant celui des poireaux, prévu plus tard, vers la mi-Août.

Voilà notre actualité, amis du potager. Du travail pas toujours récompensé. Mais l’espoir toujours alimenté.

Tout ne marche pas, c’est sûr. Mais si l’on n’essaie pas, rien ne vient. Alors…


A bientôt et portez-vous bien jusqu’à la prochaine fois. Nous aurons d’ici là un potager mieux garni qu’aujourd’hui à vous montrer. Peut-être…

Marie-Louise le 26 juillet 2014

lundi 7 juillet 2014

Le potager se prépare déjà à l’hiver…



Amis du potager au naturel bonjour !

Après ces journées de silence, nous revoilà !

La saison de printemps s’est terminée. Nous avons réalisé notre inventaire annuel. A ce propos, nous vous remercions tous pour votre fidélité. C’est vous qui nous permettez chaque année de réaliser nos objectifs et nous sommes fiers de savoir mériter votre confiance en vous proposant, nous l’espérons, la gamme de produits que vous attendez avec les meilleurs conseils pour en avoir une satisfaction optimale. Nous restons évidemment à votre écoute et tenons à nous adapter au mieux à vos attentes.

Comme je vous le disais en titre, le potager se prépare à l’hiver. Et oui, nous en sommes à peine à récolter nos premières tomates rougies et déjà, il faut penser à préparer les plates-bandes pour les cultures à venir…
A la jardinerie, nous sommes un peu pris par le manque de place. L’idéal est de pouvoir disposer d’un potager en trois sections, pour pouvoir en laisser une au repos le temps d’exploiter les deux autres. Faire tourner les cultures pour éviter la propagation des maladies et des insectes favorisée par le maintien de la même plante au même endroit sur plusieurs années. Laisser le temps à la terre de reconstituer ses réserves pour ne pas l’appauvrir et finir par l’épuiser. C’est la pratique de l’assolement triennal, bien connu en agriculture biologique.
Chez nous, nous en demandons beaucoup à notre petit potager. Il faut pour le coup choisir, puisqu’on ne peut pas tout faire. Et choisir, comme il est si justement dit, c’est renoncer…

Vous serez peut-être surpris de voir l’allure de notre potager aujourd’hui. Il y a peu de jours encore, le potager Lafitte croulait sous une opulente végétation. Les courges débordaient de tous les côtés, rampaient jusque dans l’allée. Elles se chevauchaient en un lacis inextricable où une chatte aurait eu du mal à retrouver ses petits ! Les fanes des pommes-de-terre s’étalaient en étouffant les crosnes et les échalotes. La capucine partait à l’assaut non seulement de la pergola dressée pour elle, mais aussi des tomates et des pois qu’elle poussait à fuir comme des gibiers pourchassés.

Les fraisiers éjectaient leurs stolons hors du bac prévu pour eux. Les plants cherchaient à marcotter entre les alysses elles-mêmes à l’étroit.
Du côté de la jarre à petit fruit, le framboisier prenait toute la place. De ce côté du potager, l’œil expert de Martine détecta heureusement la pousse impressionnante mais stérile des gourmants du porte greffe. Perdu au milieu de tous ces surgeons étouffants, le framboisier porteur de fruits, lui, avait pratiquement disparu.

A l’autre bout, l’artichaut ne se tenait plus et déployait toujours plus large ses feuilles dentelées. Lui, c’est une attaque de parasite qui l’a très vite calmé ! Hier, quand on lui a taillé les feuilles perforées, il faisait bien moins le fier. Comme en plus, nous avons récolté huit têtes d’artichaut hissées au dessus, il lui reste maintenant la tête principale que nous gardons pour voir se développer la fleur, au bout d’une tige dégarnie et pauvrement feuillée…

Tout ça, c’était avant, donc. Parce-que maintenant, le spectacle est tout différent. Une intervention du jardinier était indispensable. Et le jardinier consciencieux l’a effectivement dispensée !

D’abord, les récoltes. Pommes de terre, aulx, oignons, échalotes, tout ça était arrivé à maturité et pouvait être arraché. Après les fèves et les pois eux-aussi ramassés, ça faisait déjà un bon vide. Nous avons mis les bulbes à sécher pour pouvoir les conserver tout l’hiver à l’abri. Notre potager étant modeste, nous n’avions pas besoin d’un bien grand grenier pour engranger les récoltes ! Mais bon, tout de même, nous en avons tiré une légitime satisfaction. Les têtes d’ail, particulièrement, étaient d’une taille tout à fait honorable. Elles sont visibles en tresse suspendue à la pergola où antérieurement se pavanait la capucine.

Parce-que celle-ci, comme pressenti, je l’ai arrachée. Elle était farcie de chenilles, avait rempli son rôle d’appât, et perdu son panache en même temps. Elle nous a quand même donné l’occasion de goûter à ses fleurs orangées, poivrées sur le pédoncule.

Pour les courges anarchiques, il a fallu tailler dans le vif. Sans ça, le trop étant l’ennemi du bien, les fruits en formation auraient pourri sous l’abondance des feuilles et des tiges entrelacées. A grands coups de sécateur, nous avons éclairci tout ça.

Le maïs juste à côté a fait ouf ! Non content de servir de tuteur au haricot grimpant, il commençait à avoir du mal à juguler les assauts de la courge de Nice venue nicher un de ses fruits à son pied. Maintenant, soulagé de cette menace, il hisse ses fleurs à près de deux mètres de haut.

Toute cette belle place ainsi libérée, nous avons incorporé une bonne quantité de fumier décomposé pour lancer les semis et plantations d’hiver. Un léger bêchage de surface, et notre terre était au mieux pour repartir en besogne.
Là, vous verrez poindre deux rangées de carottes drues. Et plus loin, quelques pieds de choux à repiquer autour du quinze Août. Nous penserons aussi bientôt aux poireaux pour nos soupes hivernales.

Et voilà, notre potager avance avec les saisons. Les semaines marquent le temps au gré des plantations et des semis.

C’est toujours tourné vers l’avenir, un potager, toujours plein de promesses et d’espoir. Et ce ne sont pas quelques déconvenues et autres échecs inévitables qui nous feront baisser les bras, n’est-ce pas ?

Soyez vous aussi confiants et forts, et prenez soin de vous comme de vos plantes.
A une prochaine fois pour un autre rendez-vous dans notre potager au naturel !


M.Louise, en ce pluvieux dimanche après-midi du 6 juillet 2014.