samedi 26 juillet 2014

ADIEU PATATES, TOMATES ET POTIRONS…



Amis du potager au naturel, bonjour !

Ces dernières journées chaudes et humides ont eu raison d’une bonne partie de notre potager estival. Pour les adeptes de la culture biologique, pas d’échappatoire à l’attaque fulgurante du mildiou sur les tomates et les solanacées en général : patates et autres. Toutes les courges, potirons et melons se sont couverts d’oïdium, ce dépôt blanchâtre à la surface des feuilles. Comme si ça ne leur suffisait pas, les bords se sont tâchés, craquelés, et séchés. Evidemment, les fruits en formation, sevrés bien trop tôt, ne donneront pas grand-chose. Une mauvaise année pour le potager…

Pour vos récoltes de pomme-de-terre par contre, les tubercules sont formés. Suivant les variétés, elles demandent entre trois et quatre mois pour arriver à maturation. Dès la fleur passée, on peut consommer les petites pommes-de terre nouvelles. La peau fine peut se manger, elle se détache facilement en frottant simplement avec un chiffon si on préfère avoir la chair seule. Un bon indice pour reconnaître le degré de maturité du tubercule consiste à gratter la peau du bout de l’ongle : si elle se défait en pelures, la pomme de terre n’est pas encore suffisamment faite pour être récoltée en vue de conservation pendant l’hiver. Si au contraire, elle reste adhérente à la chair, on peut arracher, puis garder les patates dans un endroit sombre et frais, en les étalant bien. Il faut surveiller la présence d’éventuels tubercules pourris ou abîmés et les jeter avant qu’ils n’endommagent les autres quand ils fondent en eau. Dans ces conditions, vous aurez une bonne provision de patates à manger durant tout l’hiver.
Chez Lafitte, nous avions peu de patates et nous les avons mangées depuis belle lurette. Chez vous par contre, si elles sont toujours en terre, surveillez bien tout ça. Les fortes chaleurs du milieu de semaine dernière ont été mauvaises. Les pommes-de terre mûres encore enterrées risquent de pourrir. Elles peuvent aussi se remettre à germer, et pour le coup, se vider de leur substance. Quand elles ne servent pas de garde-manger aux loches qui adorent s’y creuser leur trou…

Beaucoup d’adversité nous guette au potager en ce moment. Chenilles et pucerons pullulent. Viroses et champignons s’épanchent en tâches dévastatrices. La lutte est difficile et le combat inégal.

A la jardinerie, nous avons choisi de ne pas utiliser de pesticides, efficaces mais agressifs. La lutte biologique en matière de maladie est drastique : éliminer les sujets atteints pour tâcher d’enrayer le phénomène en espérant une météo plus favorable. Comme l’espace est réduit dans notre potager, nous avons pris la solution la plus radicale. Les premières tomates rougissantes ont été cueillies (et sitôt mangées). Les courges vérolées et leurs lianes emmêlées ont suivi le même chemin que les plants de tomates roussis. Ah, ça ! ça a fait du vide ! Ca a donné de l’air !

Le petit melon remplaçant de notre Diego défunt, souvenez-vous, rampe maintenant tout guilleret de tous les côtés. Il exhibe ses fleurs jaunes en étoiles éclatantes. De minuscules fruits s’arrondissent déjà… Espérons que la maladie ne nous le rattrape pas !

Les premières carottes du mois de mars sont arrivées elles à bon port sans encombre. Des fûts pas très longs ni très gros, mais bon, appréciés tout de même. Deux rangs de petits nouveaux alignent leurs feuillettes dentelées. Au fur et à mesure de la pousse, nous les éclaircissons pour que les racines se développent à leur aise. Une sélection difficile mais indispensable.

Plus loin, nos arachides prospèrent. Rien ne semble venir les perturber. Elles vont se retrouver seules survivantes de ce carré dévasté. Je vais les escorter de quelques choux pour leur faire compagnie. Ceux-là, semés fin juin, sont déjà prêts à être repiqués. Là encore, la chenillette attaque et il faut veiller de près…
Ce sera notre programme de la semaine. Le repiquage des choux, avant celui des poireaux, prévu plus tard, vers la mi-Août.

Voilà notre actualité, amis du potager. Du travail pas toujours récompensé. Mais l’espoir toujours alimenté.

Tout ne marche pas, c’est sûr. Mais si l’on n’essaie pas, rien ne vient. Alors…


A bientôt et portez-vous bien jusqu’à la prochaine fois. Nous aurons d’ici là un potager mieux garni qu’aujourd’hui à vous montrer. Peut-être…

Marie-Louise le 26 juillet 2014

lundi 7 juillet 2014

Le potager se prépare déjà à l’hiver…



Amis du potager au naturel bonjour !

Après ces journées de silence, nous revoilà !

La saison de printemps s’est terminée. Nous avons réalisé notre inventaire annuel. A ce propos, nous vous remercions tous pour votre fidélité. C’est vous qui nous permettez chaque année de réaliser nos objectifs et nous sommes fiers de savoir mériter votre confiance en vous proposant, nous l’espérons, la gamme de produits que vous attendez avec les meilleurs conseils pour en avoir une satisfaction optimale. Nous restons évidemment à votre écoute et tenons à nous adapter au mieux à vos attentes.

Comme je vous le disais en titre, le potager se prépare à l’hiver. Et oui, nous en sommes à peine à récolter nos premières tomates rougies et déjà, il faut penser à préparer les plates-bandes pour les cultures à venir…
A la jardinerie, nous sommes un peu pris par le manque de place. L’idéal est de pouvoir disposer d’un potager en trois sections, pour pouvoir en laisser une au repos le temps d’exploiter les deux autres. Faire tourner les cultures pour éviter la propagation des maladies et des insectes favorisée par le maintien de la même plante au même endroit sur plusieurs années. Laisser le temps à la terre de reconstituer ses réserves pour ne pas l’appauvrir et finir par l’épuiser. C’est la pratique de l’assolement triennal, bien connu en agriculture biologique.
Chez nous, nous en demandons beaucoup à notre petit potager. Il faut pour le coup choisir, puisqu’on ne peut pas tout faire. Et choisir, comme il est si justement dit, c’est renoncer…

Vous serez peut-être surpris de voir l’allure de notre potager aujourd’hui. Il y a peu de jours encore, le potager Lafitte croulait sous une opulente végétation. Les courges débordaient de tous les côtés, rampaient jusque dans l’allée. Elles se chevauchaient en un lacis inextricable où une chatte aurait eu du mal à retrouver ses petits ! Les fanes des pommes-de-terre s’étalaient en étouffant les crosnes et les échalotes. La capucine partait à l’assaut non seulement de la pergola dressée pour elle, mais aussi des tomates et des pois qu’elle poussait à fuir comme des gibiers pourchassés.

Les fraisiers éjectaient leurs stolons hors du bac prévu pour eux. Les plants cherchaient à marcotter entre les alysses elles-mêmes à l’étroit.
Du côté de la jarre à petit fruit, le framboisier prenait toute la place. De ce côté du potager, l’œil expert de Martine détecta heureusement la pousse impressionnante mais stérile des gourmants du porte greffe. Perdu au milieu de tous ces surgeons étouffants, le framboisier porteur de fruits, lui, avait pratiquement disparu.

A l’autre bout, l’artichaut ne se tenait plus et déployait toujours plus large ses feuilles dentelées. Lui, c’est une attaque de parasite qui l’a très vite calmé ! Hier, quand on lui a taillé les feuilles perforées, il faisait bien moins le fier. Comme en plus, nous avons récolté huit têtes d’artichaut hissées au dessus, il lui reste maintenant la tête principale que nous gardons pour voir se développer la fleur, au bout d’une tige dégarnie et pauvrement feuillée…

Tout ça, c’était avant, donc. Parce-que maintenant, le spectacle est tout différent. Une intervention du jardinier était indispensable. Et le jardinier consciencieux l’a effectivement dispensée !

D’abord, les récoltes. Pommes de terre, aulx, oignons, échalotes, tout ça était arrivé à maturité et pouvait être arraché. Après les fèves et les pois eux-aussi ramassés, ça faisait déjà un bon vide. Nous avons mis les bulbes à sécher pour pouvoir les conserver tout l’hiver à l’abri. Notre potager étant modeste, nous n’avions pas besoin d’un bien grand grenier pour engranger les récoltes ! Mais bon, tout de même, nous en avons tiré une légitime satisfaction. Les têtes d’ail, particulièrement, étaient d’une taille tout à fait honorable. Elles sont visibles en tresse suspendue à la pergola où antérieurement se pavanait la capucine.

Parce-que celle-ci, comme pressenti, je l’ai arrachée. Elle était farcie de chenilles, avait rempli son rôle d’appât, et perdu son panache en même temps. Elle nous a quand même donné l’occasion de goûter à ses fleurs orangées, poivrées sur le pédoncule.

Pour les courges anarchiques, il a fallu tailler dans le vif. Sans ça, le trop étant l’ennemi du bien, les fruits en formation auraient pourri sous l’abondance des feuilles et des tiges entrelacées. A grands coups de sécateur, nous avons éclairci tout ça.

Le maïs juste à côté a fait ouf ! Non content de servir de tuteur au haricot grimpant, il commençait à avoir du mal à juguler les assauts de la courge de Nice venue nicher un de ses fruits à son pied. Maintenant, soulagé de cette menace, il hisse ses fleurs à près de deux mètres de haut.

Toute cette belle place ainsi libérée, nous avons incorporé une bonne quantité de fumier décomposé pour lancer les semis et plantations d’hiver. Un léger bêchage de surface, et notre terre était au mieux pour repartir en besogne.
Là, vous verrez poindre deux rangées de carottes drues. Et plus loin, quelques pieds de choux à repiquer autour du quinze Août. Nous penserons aussi bientôt aux poireaux pour nos soupes hivernales.

Et voilà, notre potager avance avec les saisons. Les semaines marquent le temps au gré des plantations et des semis.

C’est toujours tourné vers l’avenir, un potager, toujours plein de promesses et d’espoir. Et ce ne sont pas quelques déconvenues et autres échecs inévitables qui nous feront baisser les bras, n’est-ce pas ?

Soyez vous aussi confiants et forts, et prenez soin de vous comme de vos plantes.
A une prochaine fois pour un autre rendez-vous dans notre potager au naturel !


M.Louise, en ce pluvieux dimanche après-midi du 6 juillet 2014.

lundi 16 juin 2014

Capucine l’envahisseuse





Amis du potager au naturel, bonjour !

Par ces belles journées estivales, il fait bon s’occuper du potager à la fraîcheur scintillante du petit matin pur. Ou alors le soir, quand le soleil baisse sur l’horizon étiré, et que les parfums émoustillés par la chaleur du jour montent avec sensualité. C’est selon, les goûts, et les emplois du temps…

A la jardinerie, nous aimons aller faire le tour du potager en arrivant. Les plantes rafraîchies de la nuit s’ouvrent au soleil déjà haut. La chaleur viendra vite leur faire baisser la feuille, alors, elles en profitent ! 
C’est un spectacle agréable à l’œil. A cette époque, les fanes des patates sont encore vertes, l’ail et l’oignon ne roussissent toujours pas. Le temps de les récolter approche pourtant, puisqu’ils ont été plantés fin février.
En principe, pour le début de juillet, nous allons pouvoir tresser les tiges séchées de nos bulbes potagers pour en faire des nattes bonnes à consommer durant tout l’hiver. Mais il faut attendre, puisque le temps n’est pas encore venu ! Il ne sert à rien de vouloir forcer les choses, d’arracher les bulbes au bout des tiges encore vertes. Non seulement, la récolte est moindre si elle n’est pas à maturité, mais en plus, la conservation serait salement compromise. 

Alors, on observe, on suit, mais on n’intervient pas… les premiers signes de rouille sont apparus sur les feuilles de l’ail, mais, à ce stade, ce n’est pas la peine d’essayer d’enrayer le phénomène. On laisse faire. L’échalote est un peu perdue sous la végétation de la Vitelotte qui s’est couchée dessus. Elle lance ses tiges pâles autant qu’elle le peut sur le côté. Notre potager est un peu exigu pour toutes les plantations que nous y avons faites, alors évidemment, ça se pousse un peu du coude ici et là…

Les vedettes du moment sont les courges. Des feuilles larges et drues, des fruits aux couleurs éclatantes qui se laissent apercevoir là-dessous, des promesses en formation un peu partout. La Butternut, audacieuse et impulsive, a carrément sauté le pas. Elle bondit par-dessus les rondins de bois et se jette hors de la jauge jusque sur le bitume de l’allée. Elle risque de trouver le monde plus dur hors de sa terre natale ! Mais bon, nous la laissons aller, il faut bien que les aventuriers explorent le vaste univers…

Les tomates elles aussi explosent en pousses ces temps-ci. Les fruits se forment sous les feuilles, et nous avons déjà goûté les petites tomates coktail, juteuses et charnues sous leur peau à peine craquante. Elles éclatent en bouche, joyeuses mais pas insolentes, avec la douceur de petites filles gaies sans être turbulentes. Les cerises jaunes se font attendre. Et les variétés à gros fruits demandent du temps. Ils se forment, jour après jour.

Il me tarde de voir à quoi ressemble la Brandy-Wine, cette tomate à feuilles de patates. Vous la trouverez à l’angle du potager, à côté de la pergola où s’étalent les capucines.

Ces fameuses capucines qui ne savent plus s’arrêter de pousser. Elles étaient censées préserver les autres plants des attaques des pucerons et autres chenilles. Je ne dis pas qu’elles ne le font pas ! Mais bon, pour s’acquitter de leur mission, elles montent à l’assaut de la pergola, elles rampent en lianes têtues de ci de là, elles roulent, s’enroulent et boulent partout où elles le peuvent. Une véritable cascade, irrépressible et impossible à contenir. Nous aurions scrupule à la limiter. Nous lui avons abandonné l’emplacement des fèves récoltées. Les pois luttent au travers du treillage et essaient de mettre leurs cosses gonflées hors de portée de l’ogresse insatiable. Ils ne tiendront pas longtemps, juste assez pour nous offrir les grains tendres et frais à croquer. C’est émouvant, comme une mère vous tendrait son enfant pour le mettre à l’abri du danger qui va l’emporter, elle… Et nous, insensibles à ce drame qui se joue là devant nous, nous nous contentons de tirer sur la cosse, et encore, sans ménagement, de malmener la pauvre tige de pois désespérément tendue vers nous, pour tourner le dos à tant de souffrance et aller un peu plus loin manger les pois… Quelle inhumanité, tout de même ! Enfin…  Les tomates s’élancent au dessus de la mêlée. Elles sont fortes de leurs tiges épaisses et dures. Si besoin, si le combat se faisait trop inégal, nous leur viendrions en renfort. Pas question de laisser la capucine-préserve-plantes, puisque tel était son rôle, étouffer ce qu’elle devait protéger, avant que nous ayons récolté les fruits de nos efforts ! 

Que le jardinier n’intervienne pas à tout va, soit ! Mais bon, il doit quand même rester le maître de son potager… tant que faire se peut !

Nous suivrons ce combat poignant  au jour le jour, et vous pouvez le suivre avec nous en venant visiter notre potager.

A une prochaine fois, et n’hésitez surtout pas à prendre vous aussi la main sur la marche de votre jardin.

M.Louise, en ce samedi 14 juin 2014.

lundi 2 juin 2014

Comme Garbiñe à Roland Garros...


Amis du potager au naturel bonjour !

Après la remise des prix de Jean-Michel la dernière fois, notre potager s’est pris au jeu de l’actualité. Votre jardinerie se veut partie prenante dans la marche du monde, et notre potager, intemporel par son lien à la nature, rappelle que tout est dans le tout, et qu’ici c’est partout…

Si vous ne voyez pas la logique de ce rapprochement nébuleux, rassurez-vous, moi non plus, pas trop ! Mais la formule n’est pas mal, non ?

Pour en revenir à nos oignons, vous n’avez pas pu passer à côté de l’exploit de notre jeune joueuse de tennis locale. A la jardinerie, Nathalie a tout de suite réagi à la consonance basque de cette petite « Garbiñe Muguruza ». 
Attachés que nous sommes à nos racines, une grande fierté nous a rosi la joue à cette annonce. Imaginez tout de même ! Venir à bout en deux coups de cuillère à pot de cette impressionnante Serena… 
On dit que la championne évincée va rebondir plus haut que jamais après cet affront. Qu’aiguillonnée par cet échec cuisant, elle va donner toute sa force et son énergie (et il suffit de la regarder pour comprendre que dans cette masse puissante il ne doit pas en manquer) pour montrer qu’à plus de trente ans elle est encore la meilleure. En gros, cette compétition ratée ne serait qu’un accident de parcours, une distraction de diva, et notre petite Garbiñe aurait juste eu la chance de tomber dessus… 
Peut-être, je ne suis pas du tout spécialiste et je ne m’avancerai pas. Mais bon, la loi est la même pour tous, et la compétition sportive est un condensé fulgurant de l’évolution humaine : premiers pas, apprentissage, croissance, apogée… puis déclin… et fin.
Ainsi revenons-nous à notre tout est dans le tout, vous saisissez ? Moi-même, je commence à deviner quelque chose dans le flou.
Pour rester concrets, dans notre potager aussi la compétition est rude. Il n’y a pas que sur la terre battue de Roland Garros, que les premières places sont chères. Jetez un œil sur notre carré de courges et considérez-les comme des joueuses acharnées à gagner leur place au soleil. Ah, c’est sûr, vous n’entendrez pas ici les « han ! » de la course effrénée pour renvoyer la balle fulgurante. Vous ne serez pas étourdi par les envolées des jupettes ou les danses endiablées des couettes. Non, non, non. Tout ici est lent et silencieux. La liane s’avance sous les feuilles de camouflage, elle rampe à l’assaut de l’espace vital pour capter la meilleure lumière. Entêtée elle cherche le soleil et se tourne vers sa chaleur pour en nourrir ses fruits encore en promesse. Admirez le jaune éclatant de notre première courgette de Nice. C’est un parfait petit soleil à elle seule. Suivez la course de la Butternut. En voilà une qui lance toute la fougue de sa jeunesse dans la bataille. Si notre petite Garbiñe se réincarne en légume, elle pourrait faire une jolie courge fiérote et conquérante !
Pour Serena, je la vois mieux dans la pleine puissance de la fève drue et forte. Déjà lourde de ses cosses remplies, elle en impose. Mais  à sa base les feuilles jaunissent et les premiers signes de déclin sont là, quand les tiges restent droites et vigoureuses. Et oui, le cycle inéluctable et universel…

A l’image des stars, sportives ou autres, notre coq de poulailler, j’ai nommé l’artichaut, connait les déboires de son trop grand succès. Il déploie majestueusement ses palmes, vainqueur incontesté de ce coin du potager. Rien ne semble pouvoir lui résister, il ignore la peur. Et pourtant, pourtant, juste sous ses feuilles larges et dentelées, le long des nervures rigides et dures, observez, regardez de plus près… et oui, vous les voyez, vous aussi, ces petits parasites fourbes qui viennent se nourrir à peu de frais des succès des grands gagnants de la compétition ? Vous les voyez, tous ces pucerons, ces moucherons agglutinés à qui mieux mieux pour vivre aux dépends de celui qu’ils flattent outrageusement pour mieux le dépouiller ? 
Et oui, dans le monde du spectacle, dans celui du sport, dans notre potager, partout comme ici, je vous l’avais bien dit !


Allez amis du potager, à une prochaine fois et portez-vous bien d’ici là !

Marie Louise, le 01 juin 2014

samedi 24 mai 2014

Le festival de Cannes... dans notre potager!

Les projecteurs du festival de Cannes sont encore chauds, ils viennent à peine de s’éteindre après avoir entendu le palmarès des gagnants et des déçus…

Nous aussi, nous avons décidé de rendre hommage à ce festival à notre niveau : dans notre potager naturel !
C’est vrai,  après tout, notre potager n’a rien à envier au festival de Cannes : il a aussi des stars, des acteurs, un public et nous en sommes aussi très fiers !

Nos fraises rougissent comme des jeunes filles au bord du tapis rouge, à qui leur acteur fétiche a envoyé un baiser soufflé de façon suave… La jachère germe timidement tout en restant au bord du tapis, elle se veut discrète pour l’instant mais sera bientôt candidate au prix des fleurs les plus éclatantes…




Nous devons tout de même signaler l’absence de l’hirsute (souvenez-vous, nous en avons parlé récemment dans un article, elle avait tendance à venir là où on la voulait pas !). Peut-être dissuadée par nos différentes méthodes de dissuasion donc efficaces ! Ou bien est-elle en ce moment un peu trop occupée, en effet, comme beaucoup de stars, elle préfère garder ses jeunes enfants à l’abri des flashs des paparazzis. Car il faut le dire, l’hirsute a été récemment maman, mais est très pudique, même à son proche entourage, nous, elle n’a pas fait les présentations…

Pour la remise des prix ce soir, tout le monde était sur son 31 !
Nous ne pouvons vous lister ici la liste des nominés de chaque catégorie et nous vous épargnerons dans chaque catégorie la phrase réservée aux oscars d’Hollywood : « The winner is… »

Voici le palmarès de nos primés :
fleurs de capucine...

Prix du meilleur espion : La capucine fleurit déjà afin de détecter les premiers pucerons pour pouvoir mieux les combattre, car c’est bien connu "la meilleur défense, c’est l’attaque !"




Prix de la provocation : Deux lauréats pour cette catégorie! Il était difficile de départager les fèves et les tomates "red robin" qui nous exhibent déjà les fruits tout en sachant que nous ne pouvons pas les ramasser avant de longues semaines…
Tomates "red robin"
fèves









Salades vertes et brunes





Prix d’élégance : Les salades vertes avaient mis leurs plus belles longues robes de feuilles brillantes, les salades brunes étaient encore plus élégantes dans leurs robes de soirées sombres…






Chignon d'ail
Le prix de la plus belle coiffure a été remis sans aucun doute au beau chignon des plants d’ail. Au-delà de cet aspect esthétique, grâce à cet élégant chignon, la tête d’ail ne se développera que mieux, truc et astuce à ne pas prendre à la légère.







Fleurs de plants de pomme de terre
Le prix de la meilleure interprétation féminine : la pomme de terre ! Un vrai talent : le savoir paraître. Elle veut nous faire croire que sa mise en avant est sa floraison, alors que nous savons tous que réellement, sa richesse est sous terre et promet une récolte abondante !







Élégant plant d'artichaut
Le prix de la meilleure interprétation masculine : Il a fait l’unanimité dans le jury. Très élégant et majestueux c’est bien entendu l’artichaut qui remporte ce prix ! Depuis l’angle de la parcelle il domine et garde un œil sur l’ensemble du potager, tel un coq et sa basse-cour !








Le prestigieux prix a été remis au potager pour l’ensemble de sa population et de ses acteurs ! Non seulement pour sa terre fertile et facile à travailler mais aussi pour ses promesses de récoltes abondantes !

Nous voulons aussi remercier tout le public qui nous suit, qui nous encourage et nous nous engageons à ne pas les décevoir !

 En cette veille de fête des mères nous remercions aussi comme dans les grands speechs des primés, nos parents, nos familles et tous ceux qui nous soutiennent…

En cette veille d’élections Européennes, nous aurions pu aussi espérer conquérir les pays voisins avec notre blog mais restons modestes et le festival de cannes le fera bien mieux que nous et même bien au-delà des frontières européennes ! ;-)


A bientôt dans pour des nouvelles de notre potager, tout comme au tournoi de Roland Garros qui débute demain, nous vous raconterons comment se déroule la compétition entre les différents favoris de notre grand schelem sur terre non battue mais bien fertilisée ! ;-)



Jean Michel – 24/05/14 

mardi 13 mai 2014

Ma trop fougueuse cacahuète...


Amis du potager au naturel, bonjour !

Et bienvenus aux nouveaux arrivants.

En ce dimanche bruineux, nos potagers absorbent l’humidité venue du ciel comme pain béni. Les températures commencent à être agréables, elles ont même par moment tendance à grimper en percées qui nous prendraient de court. Souvenez-vous de lundi dernier…

Quand vous rentrerez ce soir de votre sortie du dimanche, en passant par le potager, vous verrez que le temps est poussant. La végétation se développe à vue d’œil, la jeune pousse tendre s’étale presque langoureusement.

Nous regardions avec Jean-Michel vendredi dernier le développement étonnant d’une jeune crosse de fougère dans la cour de notre réception. Vous me direz, tiens, une fougeraie à la jardinerie Lafitte, pourtant si bien tenue ? Des crosses de fougère dans la jardinerie comme au plus sauvage des sous-bois du Pays-basque profond ? Oui, oui, oui… vous n’avez pas tort, nous avons quelques recoins un peu sauvages ici et là. Non, j’ai dit sauvages, pas négligés, attention ! Mais quoi ! Nous sommes une jardinerie, non ? Nous travaillons au plus près de notre mère-nature et tenons à lui laisser une place légitime chez nous. A ce propos, dans les nouvelles directives environnementales, il est préconisé de ne pas rechercher le zéro adventice dans nos cours et allées. Histoire de ne pas polluer les nappes phréatiques de pesticides agressifs. C’est dans cet esprit que nous autorisons les ronces, orties et autres fougères à coloniser discrètement notre espace. Pas par négligence, donc, qu’on se le dise !

Bien, cette justification qui en dit déjà long sur notre sentiment de culpabilité posée, revenons-en à notre crosse de fougère. Avez-vous déjà observé le phénomène ? Par des journées comme celles que nous avons aujourd’hui, prenez au petit matin à peine levé, une jeune pousse de fougère juste visible sous sa gangue moussue. Repérez-là sans vous donner trop de peine de signalisation, puisque deux heures plus tard, quand vous repassez par là, vous avez déjà devant vos yeux ébahis, une vigoureuse tige qui fait le dos rond, une crosse repliée et rebondie, une force vive et invincible qui pousse des épaules pour lancer en un ample et irrépressible mouvement sa tête vers le ciel. Il y a quelque chose de phallique, la victoire du vivant sur l’inerte, la réminiscence des naissances primitives et le fossile de l’apparition de la vie sur terre. Quelque chose de presque indécent, qui se regarde du coin de l’œil en rosissant quelque peu, quand on a une nature un peu empruntée…  Quelque chose qui nous ramène au fœtus, à l’origine et au commencement.

Plus près de notre modeste potager, l’évolution du vivant et sa lutte pour croître et embellir s’illustre dans chaque plantule. L’adversité est partout. Le papillon blanc volette autour des feuilles charnues des choux pour y déposer ses grappes d’œufs oranges bien à l’abri sous la couverture cartonneuse. Très vite, de petites chenilles voraces ramperont le long des nervures et dévoreront en l’espace de deux ou trois jours cette végétation qui paraissait pourtant difficile à entamer…


Nos petits plants de courges essaient de se maintenir avec les températures encore un peu trop basses pour eux. Ils observent un sage statuquo espérant la chaleur avant de pousser de nouvelles feuilles. Si entre-temps, une sale limace ou une fourbe loche n’est pas venue se régaler à moindre frais ! Nous déplorons ainsi la perte de notre melon diego … paix à ses cendres !



Le jardinier doit être persévérant, et sans cesse sur le métier remettre son ouvrage. Nous en serons quittes pour planter un autre melon, écornant ainsi le bénéfice de la récolte de cet investissement de départ doublé. Et oui, tout n’est pas succès au potager, loin de là !

Une qui paraissait pourtant vouée à un destin victorieux, c’était notre jeune cacahuète guerrière, souvenez-vous. Elle avait surgi de terre comme une qui va tout écraser sur son passage. Elle en était impressionnante. Résultat des courses, quand je l’ai repiquée hors de son châssis pour lui donner l’espace dont elle va avoir besoin, patatras, son grand courage s’est effondré, elle a complètement baissé les bras. Ne la voilà-t-il pas ventre à terre, misérable, à essayer de disparaître pour mieux se protéger. Pour une guerrière, elle se pose là !

Comme quoi, il ne suffit pas de démarrer trop fort pour arriver à bon port…

Qu’on se le dise !





M.Louise en ce dimanche 11 mai.